Rapa Nui rêve d’indépendance

2013/03/16
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Rapa Nui rêve d’indépendance

Publié le lundi 11 mars 2013 à 03H00

Selon le président de l’assemblée coutumière de Rapa Nui, la majorité de la population pascuane réclame l’indépendance et un rattachement à la Polynésie. Pour le haut-commissariat, le débat doit être porté au plus haut niveau de la France et du Chili.

En août 2009, des Pascuans ont manifesté pour dénoncer leur raz-le-bol face au colonialisme chilien.

En août 2009, des Pascuans ont manifesté pour dénoncer leur raz-le-bol face au colonialisme chilien.

Actuellement à Tahiti pour la première rencontre des parlementaires polynésiens (voir encadré), Leviante Araki, président de l’assemblée coutumière Rapa Nui, déclare que la majorité des pascuans, à savoir les 3 000 « qui ne travaillent pas directement pour le gouvernement chilien » sont pour l’indépendance de Rapa Nui. Une indépendance en relation étroite avec un rattachement à la Polynésie française.

Dans son édition du 4 janvier dernier, le journal le Monde publiait un article sur Rapa Nui, « l’île de Pâques tentée par l’indépendance ». L’auteur précisait que Rapa Nui souhaiterait non seulement se séparer du Chili, mais réclamerait aussi son rattachement à la Polynésie française. Cette revendication émane d’une association de défense de la culture pascuane, qui accuse le Chili de les déposséder de leurs terres, de contrôler le commerce et le tourisme.

 

Disproportionné. En août 2009, cette association avait bloqué, pendant quarante-huit heures, l’unique aéroport de l’île pour réclamer des limites pour le séjour des touristes.

Chaque année, plus de 65 000 visiteurs débarquent à Rapa Nui, attirés par les plages, les paysages volcaniques et, bien sûr, les moaï légendaires. Selon Maeva Navarro, consul honoraire du Chili en Polynésie française, « ce n’est pas la première fois que l’île de Pâques formule cette demande d’indépendance au Chili, notamment son rattachement à la France et non pas à la Polynésie. »

Interrogé par téléphone, l’historien Jean-Marc Regnault estime que la question est totalement disproportionnée. « Je ne vois pas comment la France pourrait accepter d’intégrer dans son territoire l’île de Pâques, et causer des difficultés avec le Chili. Actuellement, poursuit-il, les rapports sont bons entre la France et le Chili. À mon avis, la question ne se pose même pas. »

Les services du haut-commissariat considèrent, pour leur part, que le débat doit être porté au plus haut niveau, entre le Chili et la France. Pour Vito Mamaatua, qui s’est exprimé au nom du Tavini Huiraatira, le rattachement de Rapa Nui à la Polynésie ne peut se faire avec les autorités du Pays. « C’est une compétence de l’État (…) Ce serait possible si l’État négocie avec le Chili », a-t-il indiqué.

 

Autosuffisant. Contacté par téléphone, quelques jours avant son départ pour New York le samedi 12 janvier, le président Oscar Temaru n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, pour ne pas créer des remous avec le Chili.

Le représentant de la communauté pascuane à Tahiti, Tuki Esebio, est très clair sur la question. « J’ai l’intime conviction qu’il y a de plus en plus de pascuans qui souhaiteraient accéder à leur indépendance ». Au délà d’un rattachement à la Polynésie ou la France, le président de l’assemblée coutumière Rapa Nui parle d’un projet plus global et vise « l’union de la Polynésie dans sa globalité, en partant d’Hawaii à Aotearoa (Nouvelle-Zélande).»

Cette union à la Polynésie en tant que pays indépendant, il compte la justifier auprès de l’état chilien grâce à l’autosuffisance de son île : « Nous sommes désormais dans une politique d’autosuffisance actuellement à Rapa Nui, avec 250 millions de dollars US de valeur patrimoniale (…). Nous n’avons plus besoin du Chili, et nous pensons nous rattacher à la Polynésie au sens large du terme, c’est-à-dire à Tahiti, Hawaii et Aotearoa.

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